Oralité et écriture : la tradition culturelle de la Guinée en débat à Turin

Publié par : Diané •  article mise à jour : 17 mai 2012
Les lampions se sont éteints sur les vingt cinquième éditions du Salon International du Livre de Turin. Pour donner plus de visibilité à la Guinée, les organisateurs ont placé à juste titre le grand débat : Oralité et Ecriture : la tradition Culturelle de la Guinée à la fin de ce grand évènement littéraire dans le monde, afin d’attirer plus d’auditeurs dans la salle D’EL LIBRO ZONA AUTORI SPAZIO A.

Sous la houlette de la Guinéo Italienne, Ada Touré, comme modératrice, le professeur Marco Cena, ethnomusicologue italien et du journaliste écrivain Guinéen, Mohamed Salifou Keïta, un critique littéraire parfaitement imprégné de l’évolution littéraire de la Guinée, (il est auteur du premier ouvrage consacré à la littérature guinéenne d’expression française des cinquante dernières années) tout simplement de la culture guinéenne dans son ensemble, ont décortiqué ce sujet d’une importance capitale devant un parterre de dignitaires piémontais, de professeurs et d’étudiants, curieux d’en savoir plus sur les spécificités culturelles de la Guinée.

Le professeur Marco Cena, s’appesantira sur la cosmogonie et l’anthropologie pour expliquer les fondements sociologiques et les mécanismes de l’évolution musicale de la Guinée. Un exposé qui aura retenu l’attention de l’ensemble des étudiants présents à cette conférence.

Quant à Mohamed Salifou Keïta, il fera un survol panoramique de la littérature guinéenne dans son ensemble avant de mettre en évidence l’écriture dans cette littérature traditionnelle guinéenne ; il évoquera l’émergence de l’écriture dans la communauté Toma, à travers un alphabet qui a fait long feu car, il n’est nullement sorti du cercle étroit d’une société extrêmement hermétique à l’époque.

Dans cette lancée, il s’attardera sur la poésie pastorale peuhle, par l’apport des érudits qui ont apporté un sceau important au développement de l’alphabet Adjame. Ces érudits qui avaient pour noms : Mamadou Samba Mombeya, Thierno Sadou Dalein Thierno Aliou Boubandhian, Alpha Oumar Koula, Thierno Doura Sombili, aujourd’hui, Thierno Abdourahamane Bah et El-hadj Mamadou Compaya Baldé, pour ne citer que ceux là.

Il a en outre indiqué l’existence de l’alphabet N’Ko dont les adeptes couvrent une importante partie de la sous région.

Si ces exposés ont captivé l’audience au plus haut niveau, il reste entendu que l’existence à ce salon des œuvres d’auteurs guinéens, Soundiata de Djibril Tamsir Niane, Les Ecailles du Ciel, le Roi de Kahel de Thierno Monenembo, traduites en italien, a renforcé d’avantage la belle image que les Italiens ont aujourd’hui de la Guinée.

A Turin, la Guinée rentre par la grande porte. En cinq jours, on n’a pas parlé de diamant, de bauxite ou de fer. Mais, par la matière grise, tout simplement par la culture, les Guinéens présents à ce salon de Turin ont imposé le respect du pays jusqu’à ce que le drapeau du pays soit hissé dans la ville piémontaise, ce qui fait que dans une large mesure 2014 sera l’année de la Guinée à Turin.

Une image au hasard ...